APERÇU THEORIQUE
Cet ensemble pédagogique propose une approche méthodologique de l'apprentissage
du français. Les activités pédagogiques proposées concourent à développer chez
rapprenant les capacités de communication orale et de production écrite, et à
engager la réflexion d'une manière intelligente et intelligible sur le
fonctionnement de la langue.
Le livre de l'élève correspondant au présent guide a été soigneusement élaboré
conformément à l'esprit de la Charte Nationale de l'Éducation et de la
Formation, aux Orientations pédagogiques ainsi qu'aux programmes
officiels.
En effet, il
tient compte des exigences du Cahier des charges et des possibilités réelles de
t'apprenant. Tout en s'inscrivant dans la continuité des pratiques auxquelles
sont habitués les enseignants du primaire, il puise ses sources dans les
nouvelles avancées en didactique des langues étrangères et dans la
diversité des approches méthodologiques qui ont fait leur preuve. Comme le dit
Ève Malmquist, « Pas une seule méthode d'enseignement ne peut-être recommandée
sans réserve [...]. De nombreuses études indiquent que remploi d'une
méthode exclusive peut être une cause d'échec. Toute pratique exclusive d'une
méthode apparaît désormais comme de la mauvaise pédagogie 1. »
L'objectif
des auteurs est de fournir à ['élève L'occasion de développer des compétences
orales et écrites en lien avec son âge, ses intérêts et son contexte
socioculturel pour communiquer et s'ouvrir à d'autres cultures. Leur souhait, en
dernière analyse est de doter t'apprenant des savoirs, des savoir-faire et des
habilités nécessaires à son épanouissement et à son
autonomisation.
Quant à ce
guide, outil de référence et de planification pédagogique de L'enseignant, il
propose des informations théoriques, des indications méthodologiques
nécessaires à L'exploitation du livre de l'élève, des tests d'évaluation
périodiques et des banques d'exercices d'appropriation des notions
abordées.
Ceci dans le
but d'atteindre les objectifs suivants :
• Permettre à
l'enseignant de mettre en oeuvre des démarches susceptibles de répondre aux
exigences des programmes en vigueur et d'adapter ses approches aux besoins
spécifiques de sa classe.
• Mettre à la
disposition de t'enseignant des procédés et des techniques adaptables et qui
contribuent à la réussite de l'enseignement-apprentissage de La langue
française.
• Aider
renseignant à renforcer sa pratique quotidienne en faisant autrement sa
classe.
Les
compétences disciplinaires relatives à la 3ème année du cycle
intérmédiaire2
Comme il a
été souligné dans l'avant-propos, la conception de cet ensemble pédagogique est
conforme aux recommandations de La Charte Nationale de l'Éducation et de la
Formation et tient compte des clauses du Cahier des charges et du programme
officiel.
Suivant le
découpage des textes officiels, cette étape du cursus scolaire (3e année du
cycle intermédiaire) se situe vers la fin de récole primaire. Elle est
considérée comme une étape de consolidation et de préparation au collège. Dans
ce cycle, à l'instar du cycle précédent, les dispositions pédagogiques mises en
oeuvre prennent en considération les difficultés d'apprentissage des
apprenants ; elles contribuent à aider Les apprenants à s'approprier
progressivement toutes les compétences disciplinaires suivantes :
En
expression orale
L'apprenant
doit pouvoir communiquer, écouter autrui et demander des renseignements,
exprimer son point de vue et ses sentiments, exposer des informations sur
un sujet, un fait ou un événement, réemployer le vocabulaire, et Les structures
étudiées dans de nouvelles situations de communication et enfin dire et
mémoriser un poème ou un court texte.
En
lecture
L'apprenant
doit pouvoir identifier différents supports d'écrits et reconnaître leurs
caractéristiques, comprendre les informations explicites d'un texte, lire
et comprendre seul les consignes ordinaires de L'activité scolaire, s'initier à
l'utilisation des i documents de référence (dictionnaire, encyclopédie...) en
vue de réunir une documentation.
Il doit
également savoir utiliser une Bibliothèque Centre Documentaire (BCD), choisir un
livre ou un journal en fonction du i but recherché, et adopter la modalité de
lecture qui convient à la situation.
En
écriture
L'apprenant
doit être capable de copier de façon soignée, et de plus en plus rapide, des
textes plus longs et d'écrire un texte sous la dictée.
1. Les
difficultés d’apprendre à lire.A.Colin,Paris
2. Cahier des
charges
En
expression écrite
Dans cette
activité, l'apprenant doit pouvoir mobiliser ses compétences orthographiques et
lexicales ainsi que sa connaissance des conventions d'écriture de
différents écrits. Et ce pour rédiger le texte d'une affiche, d'une lettre ou
d'une carte ; compléter une fiche signalétique, rédiger un texte, reconstituer
un paragraphe, rétablir l'ordre chronologique d'un récit et j imaginer sa
suite.
En
grammaire
L'apprenant
doit pouvoir identifier différents types de phrases, produire de différentes
façons des phrases interrogatives, identifier les différents constituants
d'une phrase, procéder à des expansions et à des réductions. Il doit aussi
distinguer les compléments du verbe (COD ou COI), l'adjectif épithète de
L'adjectif attribut et certains homonymes grammaticaux (pronoms, conjonctions et
adverbes).
En
conjugaison
L'apprenant
doit pouvoir reconnaître un verbe et identifier les modifications qui
l'affectent (personnes, temps et terminaisons), reconnaître et utiliser les
temps : présent de Vindicatif, imparfait, passé composé et futur simple. Savoir
conjuguer les verbes pronominaux au présent et à L'imparfait.
En
orthographe
L'apprenant
doit pouvoir orthographier correctement les mots d'usage courant, les formes
verbales correspondant aux conjugaisons étudiées, les mots en [œr], les
mots invariables et les noms féminins en « é » ou « ée ». Il doit aussi
connaître et employer les homonymes grammaticaux (a / à, on / ont, son /sont, é
/ er...), maîtriser l'accord du participe passé employé avec l'auxiliaire « être
», ponctuer une phrase, un texte ou un dialogue et distinguer les pronoms des
déterminants (leur, leurs, le, la, les, f).
En
lexique
L'apprenant
doit pouvoir mémoriser et utiliser à bon escient un lexique thématique précis
(fêtes, théâtre, cinéma...), s'initier à l'utilisation d'un dictionnaire
adapté à son âge, distinguer des homonymes, reconnaître et compléter des
familles de mots et des familles de sens, connaître quelques préfixes et
suffixes et former des mots dérivés.
Comme ces compétences
disciplinaires, en cours de construction, nécessitent d'« être entretenues pour
continuer à exister' » et se développer, elles doivent faire l'objet d'un
travail permanent et de bilans réguliers. Pour ce faire, les
auteurs ont privilégié la diversification des supports et
la variété des démarches. Ainsi, le manuel correspondant à ce guide offre aux
enseignants les outils propres d'une part à aider les apprenants à
développer les compétences nécessaires à une pratique fonctionnelle de la
langue et d'autre part à asseoir une pédagogie de réussite.
Définition
des concepts
Dans cette
partie, il ne s'agit pas d'aborder toute la terminologie de La littérature
pédagogique mais de définir certains concepts particulièrement importants - ceux
de séquence, d'objectifs, de compétences et de pédagogie différenciée - pour
Lesquels les auteurs se proposent de déterminer de façon précise l'ensemble des
caractères qui leur appartiennent.
À la fin du
guide, dans le glossaire p. 172, L'enseignant découvrira un aperçu clair et
concis sur d'autres concepts.
1-
La
séquence
La séquence
est un ensemble de séances ayant chacune un objectif spécifique.
Les multiples
séances qui constituent la séquence s'articulent entre elles dans le but de
développer des compétences précises chez l'apprenant.
Elles
outillent l'apprenant. des moyens qui lui permettent de s'approprier des savoirs
et des savoir-faire qu'il mettra en pratique, en autonomie, dans des
situations diverses et imprévisibles en dehors de L'école.
2.- L'objectif
Il est primordial de préciser qu'il
ne sera pas proposé ici un exposé des différents développements consacrés par la
littérature à la notion d'objectif. Dans ce présent ouvrage, le terme
d'objectif sera utilisé pour signifier le but assigné à chaque séance du manuel
de l'élève.
L Le ou les
objectifs spécifiques de chaque séance énoncent avec précision et netteté ce
dont L'apprenant sera capable à l'issue de la séance.
3- Les compétences
Si le mot «
compétence » est depuis longtemps utilisé dans le vocabulaire usuel, il est tout
à fait récent dans le domaine de' la psychologie, de la linguistique et surtout
de L'enseignement. Définir ce qu'est une compétence s'avère une tâche délicate.
En effet, comme fa souligné Philippe Perrenoud dans son ouvrage Construire des
compétences dès l'école, il n'est pas aisé d'en apporter une définition
explicite et partagée car le champ des compétences est assez vaste et la notion
a de multiples sens. - De ce fait, on retrouve une première définition qui
assimile la compétence à un objectif d'apprentissage dans le but «
d'insister sur la nécessité d'exprimer les objectifs d'un enseignement en
terme de conduite ou de pratique observables2 ».
- Une deuxième définition oppose la notion de
compétence - ce qu'un individu est capable de réaliser - à celle de
performance - cette preuve tangible de ce qu'un individu sait ou sait faire
quelque chose, c'est-à-dire ce qu'il réalise
effectivement.
1. Guy Le
Borterf, 1995.
2. Philippe
Perrenoud, Construire des compétences dès l'école, ESF, 1997.
- En
revanche, une troisième définition souligne que la compétence est un potentiel
qui existe déjà chez l'individu, c'est-à-dire une faculté qu'il peut
exercer et utiliser à tout moment. Or, ce sont les apprentissages qui
contribuent à transformer les capacités réelles de toute personne en compétences
effectives.
Par
conséquent, avant d'aborder la notion de compétence et de savoir-faire, il est
nécessaire de connaître et de distinguer trois types de compétences
:
a. Des
compétences transversales relatives aux attitudes de l'enfant et aux
acquisitions méthodologiques.
b. Des
compétences relatives au domaine de la maîtrise de la langue.
c. Des
compétences relatives aux différentes disciplines.
Compétences
et savoir-faire
Dans divers
contextes, la notion de compétence est souvent synonyme de savoir-faire.
Toutefois, elle peut être plus complexe qu'un savoir-faire. Le plus judicieux
est de réserver la notion de compétence à des savoirs qui exigent l'intégration
de multiples ressources cognitives dans le traitement de situations
complexes.
En relation
avec les apprentissages, les compétences se répartissent en deux groupes :
compétences de base et compétences de perfectionnement. On appelle compétence
de base, une compétence qui doit être nécessairement maîtrisée par
rapprenant afin de pouvoir aborder sans problèmes de nouveaux
apprentissages qui impliquent cette première compétence. En revanche une
compétence de perfectionnement est une compétence qui n'est pas
indispensable pour la suite des apprentissages, et ce à un moment donné de
l'apprentissage.
Compte tenu
de la polysémie qui caractérise la notion de compétence, et afin d'épargner à
L'enseignant des risques de dérive, souvent source de confusion et de polémique,
un référentiel de compétences relatives à la troisième année du cycle
intermédiaire est reproduit ci-après.
L'enseignant
est invité à l'utiliser comme fil d'Ariane tout au long du programme. Cependant,
il est signalé que le choix de la pédagogie par compétences et de la pédagogie
par objectifs n'a rien de contradictoire : elles peuvent faire chemin ensemble
grâce à la grande souplesse et à la perspicacité professionnelle dont fera
preuve renseignant.
Oral
S'exprimer et
répondre aux fonctions langagières de base telles que l'échange d'information et
exprimer simplement une idée ou une opinion.
Prendre part
à des échanges sociaux très courts, en utilisant les formes quotidiennes
d'accueil et de contact (présentation, invitation, excuse...).
Commencer,
poursuivre et clore une conversation simple.
Phonologie
Dire des mots
et des expressions de manière compréhensible. Varier L'intonation, placer
l'accent et exprimer des nuances de sens.
Lecture
Lire
expressivement et progressivement des textes courts et moyens en en saisissant
le sens global. Relever les indices indispensables à la construction du
sens.
Identifier
les types de textes les plus usuels avec une appréhension globale du
sens.
Se
familiariser avec les supports écrits et acquérir progressivement une autonomie
de lecteur.
L'écrit
Comprendre
une consigne par écrit et y réagir favorablement. Produire de courts énoncés et
réussir leur mise en ordre. Produire un écrit fonctionnel (affiche,
recette...).
Grammaire /
conjugaison
Utiliser
correctement des structures simples.
Utiliser des
structures syntaxiques et des formes grammaticales simples appartenant à un
répertoire mémorisé.
Orthographe
Écrire avec
une relative exactitude phonétique (mais pas forcément orthographique) des mots
courts qui appartiennent à un vocabulaire oral.
Écrire et
copier des mots, des expressions et des consignes simples utilisées
régulièrement.
Acquérir
progressivement L'importance de l'orthographe dans ses rapports avec les autres
volets du fonctionnement de la langue (morphosyntaxe).
Lexique
Utiliser un
vocabulaire suffisant pour les besoins communicatifs élémentaires.
Utiliser un
répertoire élémentaire de mots isolés et d'expressions relatifs à des situations
concrètes particulières.
4. La
pédagogie différenciée
La pédagogie
différenciée se définit comme « une pratique d'enseignement qui consent aux
différences inter-individus et qui propose des activités individualisées 1 ».
Elle est née de l'évolution de la reconnaissance de L'hétérogénéité du
groupe-classe et du droit à la différence cognitive, socioculturelle et
psychologique de l'individu apprenant.
1. Ronald
Fresne, Pédagogie différenciée, mode d'emploi, Nathan pédagogie.
Cette
démarche dite « stimulante et de progrès » met en place un cadre souple et
sécurisant dans lequel l'apprenant prend conscience de ses capacités, débloque
son désir d'apprendre et devient sujet de ses apprentissages.
Du fait que
chaque élève ait un vécu propre, un développement affectif unique, un rythme
propre et des aptitudes personnelles, il est nécessaire que renseignant
mette en place une diversité de moyens et de pratiques pédagogiques.
Pour cela, il
doit non seulement maîtriser les contenus enseignés, mais approfondir ses
connaissances dans le domaine de la pédagogie différenciée, clé de la réussite
de l'éducabilité des apprenants en difficulté.
L'idée d'un
enseignement uniforme - assimilé de la même façon, au même rythme et dans la
même durée - est révolue. L'apprenant est désormais placé au centre de
L'apprentissage où il existe avec « ses désirs, ses soucis, ses richesses 1 » et
ses aptitudes véritables.
En adaptant
sa méthodologie aux besoins et en L'organisant en situations d'apprentissage et
d'évaluation, renseignant parvient à entretenir le désir et le plaisir
d'apprendre chez les apprenants. Il réussit à mettre en avant, de façon
valorisante, les compétences de chacun.
En effet, la
diversification des pratiques pédagogiques permet au groupe classe, quoique
hétérogène, d'atteindre des objectifs communs. Ceci par le biais de moyens
différents et adaptés à chaque apprenant.
Ainsi, grâce
à cette pratique, comme récrivait Joubert à Fontanes : « IL n'y avait point
d'écolier, quelque médiocre qu'il pût être qui fût absolument négligé et
abandonné par ses maîtres. On cultivait de chaque esprit ce qu'on pouvait
cultiver et on n'en laissait aucun d'illettré et d'incapable d'admirer2.
»
Principes
fondamentaux
1. Le passage
de l'oral à l'écrit
L'apprentissage
de la langue orale ou écrite exige des phases de travail systématique et
s'enrichit de toutes les situations de classe. Il s'inscrit dans une interaction
constante entre parler, écouter, lire et écrire.
Si la 2e
année de récole primaire dite « classe d'initiation » accorde toute la priorité
à L'oral et assure les assises de son apprentissage, la 3e année du cycle
intermédiaire se préoccupe de L'oral mais assure à récrit une évidente présence
dans le processus d'enseignement-apprentissage.
Toutefois,
cela ne signifie pas que l'un est plus ou moins négligé au détriment de L'autre.
Autant l'oral doit favoriser et renforcer l'apprentissage de récrit, autant
ce dernier doit faciliter L'appropriation des règles et du code de
l'oral.
Alors que les
méthodes précédentes posaient comme principe la séparation nette entre
L'apprentissage de la langue orale et celui de la langue écrite, la méthode
préconisée dans le manuel de l'élève est basée sur une progression structurée.
Elle propose un apprentissage étroitement articulé entre langue orale et
langue écrite dans lequel rapprenant est actif car constamment sollicité
dans le cadre d'une démarche où il est celui qui construit son
apprentissage.
L'apprenant
actif, qui entrera par le biais d'activités spécifiques et d'outils didactiques
dans ces deux systèmes, comprendra les règles qui s'imposent à la langue orale
et à la langue écrite et pourra s'approprier leurs codes respectifs.
2.
Apprentissage et évaluation
a.
L'apprentissage
Le terme
apprentissage se définit comme suit : « Processus d'acquisition d'un
comportement, d'une connaissance, d'une habileté3. » Ce qui signifie une
suite ordonnée d'opérations aboutissant à un résultat tel que l'acquisition des
savoirs et l'appro-priation des savoir-faire.
Les
apprentissages prévus pour la 3e année du cycle intermédiaire se situent dans la
continuité par rapport à ceux des niveaux précédents. Ils sont construits sur
des pré-acquis, c'est-à-dire des acquis antérieurs que les auteurs du manuel ont
pris en considération lors de la construction des nouvelles notions ou
fonctionnements. Ils se sont efforcés de les rappeler afin que les apprenants
puissent s'approprier ces données avec davantage de succès.
L'objectif
principal de cette démarche n'est autre que le développement des diverses
compétences relatives au cursus de cette année et la mobilisation des acquis
dans des situations imprévisibles et variées.
Une partie de
L'apprentissage est consacrée à l'acquisition des savoirs que ce soit en langue,
en expression orale ou en expression écrite. Cependant, ces savoirs n'ont
de valeur que sils servent à rapprenant à s'approprier des savoir-faire dans les
différentes disciplines. Ainsi, à titre d'exemple, en lecture, l'activité
vise non seulement la compréhension du texte mais également le
développement de savoir-faire susceptibles de permettre à rapprenant de lire en
autonomie de nouveaux textes.
C'est dans
cette optique que sont conçues les leçons de langue, les activités orales et
écrites. Et grâce au procédé de simulation qui consiste à « faire comme si
», rapprenant parvient à transformer ses savoirs en savoir-faire.
b.
L'évaluation
C'est Lune
des préoccupations pédagogiques majeures des auteurs de cet ouvrage.
En éducation,
selon Legendre, l'évaluation est « une cueillette et un traitement
d'informations qualitatives et ou quantitatives ayant pour but d'apprécier
le niveau d'apprentissage atteint par le sujet par rapport à des objectifs en
vue de juger d'un cheminement antérieur et de prendre les meilleures décisions
quant à un cheminement ultérieur4 ».
1. Halina
Przesmycki, Pédagogie différenciée, Hachette, 1991.
2.
Dictionnaire de pédagogie, Bordas pédagogie, 2002.
3. Renald
Legendre, (1993). Dictionnaire actuel de l'éducation. Éducation 2000, 2e
édition, Montréal Guérin.
4. RenaLd
Legendre, (1993). Idem.
Et dans
l'optique d'une pédagogie par compétences et d'une approche communicative de la
langue enseignée, « évaluer » signifie diagnostiquer et mesurer avec exactitude
la réalisation de l'objectif que l'on s'est fixé à t'avance.
On y recourt
pour vérifier dans quelle mesure l'apprenant est (sera) capable d'utiliser la
langue apprise dans des situations réelles de communication. Ainsi, à l'issue
d'une évaluation, ce n'est pas un exercice, encore moins un apprenant qui est
évalué. C'est le degré d'atteinte d'un objectif d'apprentissage (ou de
plusieurs) qui est mesuré avec exactitude grâce à cet instrument de
mesure.
On évalue
donc pour informer apprenants et parents sur les connaissances, pour combler les
lacunes des apprenants et y remédier et pour déterminer la valeur de notre
propre méthodologie (appropriation ou non des procédés, du matériel et de
L'usage qui en est fait, et l'attitude du maître).
3. Les formes
de l'évaluation
On distingue
trois types d'évaluation qui interviennent à des moments différents de
L'apprentissage et qui poursuivent des buts fort distincts.
Cette
typologie actuellement en usage est fondée sur la fonction de
L'évaluation.
a. L'évaluation
diagnostique est
une démarche qui survient au début de l'apprentissage même. Son objectif
principal est de déterminer les forces et les faiblesses des apprenants afin de
prescrire des activités de révision ou de rattrapage adaptées à leur niveau. Et
comme elle a une fonction préventive, elle ne devrait pas donner lieu, en
principe, à L'attribution d'une note.
b. L'évaluation
formative est une
démarche « ... ayant pour objet d'informer élève et maître du degré de maîtrise
atteint et, éventuellement, de découvrir où et en quoi un élève éprouve des
difficultés d'apprentissage en vue de lui faire découvrir des stratégies qui lui
permettent de progresser 1 ». Ce type d'évaluation se pratique pendant et au
moment même de L'apprentissage en vue de procéder aux remédiations
nécessaires et de pratiquer, en cas de besoin, la pédagogie de soutien et de
renforcement.
En portant
simultanément sur les éléments qui interviennent dans le processus
d'apprentissage, parmi lesquels le contenu, les activités, les apprenants et la
stratégie, l'évaluation formative permet à L'enseignant d'adopter le
comportement et les stratégies qui favoriseraient le mieux la réalisation des
objectifs.
Pour aboutir
à une parfaite efficacité de L'évaluation formative, t'enseignant est appelé à
établir des fiches d'évaluation, rationnellement organisées et convenablement
tenues pour pouvoir organiser en conséquence les séances de soutien et / ou
d'enrichissement.
c. L'évaluation dite sommative est une
évaluation terminale. Elle intervient au terme d'un processus d'apprentissage ou
de séquences d'apprentissage. Elle a pour objectif d'évaluer l'apprenant, de
certifier son degré de maîtrise des objectifs pédagogiques visés et de
valider ou non son passage à un niveau supérieur. Cette pratique d'évaluation
attribue à L'apprenant une note dont la valeur est proportionnelle à la maîtrise
des savoirs et des savoir-faire ayant fait L'objet de
L'apprentissage.
4. La
pédagogie de l'erreur
La prise de
conscience et la dynamique de l'apprentissage et de L'usage du français exigent
une progression pilotée avec souplesse. Les attitudes face aux erreurs, les
mesures à prendre et L'utilisation des erreurs sont les facteurs déterminants
dans faction de L'enseignant. A retenir que :
- les fautes
et les erreurs sont la preuve de la volonté de t'apprenant à communiquer malgré
les risques ;
- les erreurs
sont inévitables : elles sont le produit transitoire du développement d'une
langue par L'apprenant - les erreurs devraient non seulement être corrigées mais
aussi analysées et expliquées en temps opportun ;
- la
correction mutuelle immédiate devrait être systématiquement encouragée pour
faire disparaître les erreurs ;
- les erreurs
qui ne sont guère que des lapsus doivent être ignorées mais les erreurs
systématiques doivent disparaître.
Le classement
des erreurs facilite le travail d'identification et de correction. Par
conséquent, il faut accorder l'importance qui s'impose à ce genre de fautes
(prononciation, orthographe, vocabulaire, morphologie, syntaxe, usage, contenu
socioculturel...).
Le voeu le
plus cher au coeur des auteurs est que chaque enseignant exploite à bon escient
ce guide et les différentes activités proposées, qu'il s'appuie sur sa
connaissance des apprenants et sur celle de la pédagogie différenciée pour aider
les apprenants à progresser efficacement dans leur apprentissage et à développer
les compétences visées.
1. Gilbert De
Landsheere, (1979). Dictionnaire de l'évaluation et de fa recherche en
éducation, Paris, PUF.