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LES DOCUMENTS AFFICHÉS ET NON AFFICHÉS

 

A- Les cadres scolaires : l'organisation du temps.

L'instituteur débutant a reçu les consignes de son Directeur. Parmi ces consignes, certaines touchent aux tableaux réglementaires à afficher à l'intérieur- de la classe. Enumérons-les d'abord:

 l/ Répartition annuelle.

2/ Répartition mensuelle.

3/ Emploi du temps.

4/ Liste des morceaux choisis et des chants                       5/Tableau de scolarité concernant les élèves

Nous examinerons rapidement chacun de ces documents, chercherons leur raison d'être et essaierons de dégager quelques principes directeurs utiles à leur élaboration.

 

1- RÉPARTITION ANNUELLE

Il s'agit en somme du programme de chaque matière à enseigner, réparti sur les neuf mois et. demi de l'année scolaire. Il peut paraître présomptueux de détailler ce programme à l'avance et de prévoir de la sorte en octobre ce que l'on enseignera au mois de mai. Il est évident que le maître ne sait jamais s'il lui faudra une ou deux leçons pour faire acquérir telle ou telle notion, s'il ne sera pas amené à reprendre en révision telle partie du programme, mal assimilée par ses élèves.

Sans doute, une bonne répartition tient compte de ces retours en arrière. Elle lient compte aussi du fait qu'une notion n'est jamais acquise en une seule séance, mais grâce à la répartition d'exercices qui s'y rapportent. Aussi une répartition annuelle devra laisser une part importante aux révisions ou aux arrêts-bilans.

Mais ici, nous devons préciser ce que nous entendons par arrêts-bilans. Nous devons dire au moins que le mot "arrêts-bilans" ne doit: jamais masquer l’indigence de certaines préparations. Un maître qui, n'ayant pas prévu une leçon, inscrivait sur son cahier-journal : "Révision ou arrêt-bilans et soumettrait à ses élèves un exercice vaguement vu déjà quelque temps auparavant, n'aurait pas organisé un véritable arrêt-bilan. Le temps consacré à celui-ci ne saurait être à aucun moment un temps mort. Si la dernière semaine de la période ou du trimestre par exemple, est réservée à l'arrêt-hilan du programme, il importe de savoir quels points vont. être revus, dans quel ordre et par quels moyens ils seront revus.

 

    COMMENT ÉLABORER UNE RÉPARTITION ANNUELLE ?

Deux procédés sont à proscrire : d'abord celui qui consiste à recopier une répartition déjà faite (soit par le maître de l'année précédente, soit, par un collègue). De ce travail de copie, le jeune maître ne tire pas grand chose. D'autre part, les conditions de travail, d'une classe à l'autre, changent sensiblement. Ici, les élèves sont moins nombreux. Là, ils sont plus âgés. Ailleurs encore, ils ont mieux réussi le cours précédent. Le rythme des acquisitions ne sera donc pas partout le même.

Le second procédé à proscrire consisterait à ouvrir un manuel à la table des matières et à diviser le nombre de chapitres en neuf parties (une pour chaque mois). Si cette façon d'agir peut, paraître rationnelle, dans certains cas, elle ne l'est guère lorsqu'on pense que la plupart des manuels méritent d'être allégés : un choix s'impose.

Il reste que les manuels peuvent évidemment aider le maître et lui éviter de grossières erreurs. Il s'y référera surtout pour établir l'ordre d'acquisition des connaissances.

Ces répartitions, donc, ne sont pas de simples tableaux établis pour la forme affichés pour être en règle avec la législation scolaire ou pour satisfaire l'inspecteur qui ne manque pas d'y jeter un coup d'oeil lors de ses visites. Elles sont des instruments de travail. Elles permettent, d'abord de savoir ce que l'on va enseigner. Elles évitent de se trouver pris de court de parvenir au mois de juin sans avoir vu tout le programme. Si le maître les conçoit de manière assez souple pour permettre les révisions indispensables, elles lui seront d'un grand secours pour entreprendre et mener à bien un enseignement méthodique.

Elles lui permettent aussi de prendre contact, au début d’année, avec le programme. Le maître évitera ainsi de prévoir des leçons d'un niveau mal ajusté au cours qu'il assure.

C'est donc armé de divers manuels scolaires officiels et peul être de quelques textes (notes de service) que le maître se mettra à l'oeuvre pour établir ses répartitions.

A cette condition, le travail accompli sera profitable. Mais il reste l'utilisation des "répartitions". Bien entendu, elles sont faites pour être suivies. Si un maître est en retard dans sa progression, et si la leçon d'aujourd'hui 20 novembre avait été prévue pour la première semaine de novembre, son excuse peut être valable, (encore qu'un tel retard, au début de l'année, soit difficilement admis). Mais alors, qu'il modifie sa répartition !

Il s'agit là surtout de la répartition en général. On voit assez que la réparation mensuelle obéit aux mêmes règles et qu'il s'agit de prévoir le travail d'un mois, réparti sur les semaines de classe.

 

2- EMPLOI DU TEMPS:

Les textes font obligation à l'instituteur d'appliquer l'emploi du temps officiel conformément aux horaires prévus et de le faire viser par son Inspecteur. En fait, une habitude s'est instaurée dans la plupart des Délégations, qui consiste à fournir en début d'année scolaire, les emplois du temps aux maîtres des différentes classes (voir Objectifs et intentions Pédagogiques). Ceci pour abréger un travail qui prendrait un temps considérable.

Mais il n'est peut-être pas inutile, afin de souligner l'importance de l'observation de l'emploi du temps, d'indiquer les impératifs qui guident les auteurs de ces documents.

Ces impératifs sont de deux sortes :

a/ Les textes

b/ Les élèves

Les textes officiels fixent la durée de l'enseignement de chaque matière par semaine, et, le plus souvent, la durée de chaque leçon par discipline. Le maître aura tout intérêt à se procurer ces textes (Objectifs et Intentions Pédagogiques).

Reste la disposition de ces heures de travail sur la semaine de classe. Il va falloir tenir compte de quelques lois psychologiques. Par exemple, faire alterner les exercices qui réclament une activité intense et les exercices qui demandent une activité moindre. On ne placera pas autant que possible, un exercice de rédaction, puis un exercice de calcul, puis une dictée, successivement. On introduira un exercice de lecture ou d'écriture, ou de récitation, pour couper ce rythme trop intense.

Le maître doit donc savoir que si, un jour, il modifie l'emploi du temps, il rompt cet équilibre, et qu'il est responsable d'une diminution du rendement de ses élèves.

L'efficacité d'un emploi du temps scrupuleusement observé ne se mesure pas seulement aux connaissances acquises par les élèves. L'intérêt qu'ils accordent à un sujet n'est. pas inépuisable. On ne le prolonge pas impunément. Il est bon de diversifier la forme que l'on donne à son enseignement. Si je fais faire trois ou quatre dictées de suite à mes élèves, je ne suis pas sûr que la quatrième contiendra moins de fautes que les premières.

Mais il y va aussi de l'éducation morale des enfants. Faire chaque chose en son temps est une forme de la ponctualité. Dix minutes perdues chaque jour, c'est... Le calcul des heures perdues mensuellement et annuellement est vite établi (10 mn x 200 jours ouvrables = 2000minutes = 33heures perdues. Quelle masse horaire! (33 x le nombre d'élèves).

Ainsi donc, répartitions et emploi du temps, sont des questions d'ordre. Ordre temporel et non spatial, mais ordre tout de même. Nous avons parlé précédemment des habitudes à donner aux enfants. Le jeune maître se rendra vite compte que ces mêmes enfants n'ont pas l'habitude d'organiser leur temps. C'est que la notion qu'ils ont du temps n'est pas la même que celle que connaissent les adultes. On pourrait même dire que le temps n'est pas le même pour l'enfant que pour l'adulte. L'école, dans laquelle on entre à heure fixe, où chaque exercice s'inscrit dans une durée limitée, dont on sort à heure fixe également, va contribuer à donner cette notion à l'enfant. Il importe qu'elle la lui donne dans de bonnes conditions et que, par la négligence d'un maître qui ne voit pas toute l'importance que revêtent les documents dont nous avons parlé, les élèves n'aient pas l'impression, en entrant à l'école, de pénétrer dans un domaine où règne l'anarchie et le désordre.

 

3- LISTE DES MORCEAUX CHOISIS ET CHANTS

A vrai dire, cette liste, en relation avec les centres d'intérêt qui ont été choisis pour l'année, fait partie de la répartition des programmes. Elles figurera néanmoins à part et sera établie selon des principes pédagogiques précis.

 

4- TABLEAU DE SCOLARITÉ:

Ce tableau est établi sur des imprimés spéciaux que le Directeur, en général, détient et délivre. Dans le cas où le Directeur n'en aurait pas, il n'est pas difficile, pour le maître, d'en établir un à la main.

Voici le cadre qui peur être utilisé :

Ecole de : ……………………….                                   Année : ……………………………

Classe : ………………………..                                     Nom du maître : …………………

 

Noms et Prénoms des élèves

Age (en octobre)

1 AEP

2 AEP

3 AEP

4 AEP

5AEP

 6 AEP

Total des années de scolarité

                   

 

 

Un trait vertical dans la colonne CP signifie que l'élève a passé un an dans Cette classe. Deux traits verticaux dans une colonne signifient que l'élève a redoublé telle ou [elle classe.

L'utilité de ce tableau n'est pas à démontrer. Il établit, en somme, la physionomie de la classe. Il permet de posséder un élément d'appréciation sur la scolarité d'un groupe d'élèves en général, mais aussi de chaque élève en particulier. Il fournira au maître de précieuses indications. Si la plupart de mes élèves ont: redoublé le CE3, il y a des chances pour que j'aie besoin de vérifier soigneusement les fondements de leurs connaissances. Si la majorité de mes élèves a dépassé l'âge réglementaire du CE6, je ne vais pas leur faire apprendre, en récitation, des comptines ou des rondes, etc.

Bien entendu, ces indications ne sont valables que si le tableau de scolarité est composé d'éléments sincères. Inscrire douze ans d'âge en face du nom d'un élève trop âgé c'est rendre inutile et fallacieux le tableau de scolarité.

Ainsi, â travers ces divers documents, pouvons-nous discerner leur raison d'être profonde : elle n'est pas dans l'obligation que des chefs capricieux imposeraient aux instituteurs, ou dans un réglement tout formel. Elle se situe dans le désir de contribuer à mieux faire la classe, et pour cela, à adapter l'enseignement aux élèves, afin de les former et de les instruire en même temps.

 

B- L'organisation du temps : ponctualité, assiduité, absences; à travers le registre d'appel.

Nous avons vu, quelle utilité présentaient des documents tels que répartitions et emploi du temps dans une classe. Il est évident que cette "organisation du temps" qu'ils établissent ne sera valable que si le maître suit consciencieusement leurs indications. Inutile de disposer des répartitions bien décorées, si elles ne sont là que pour constituer un décor: à quoi sert-il de mettre en vue un emploi du temps, si l'on intervertit l'ordre des leçons. La règle d'or du maître -et ces documents lui servent à l'appliquer- pourrait se formuler ainsi: "Ne pas faire perdre leur temps aux élèves."

Le bon maître est toujours en train de parler aux élèves pour leur apprendre quelque chose de nouveau. Au contraire. C'est même souvent, dans ce cas, se donner l'impression d'être actif alors que les élèves immobiles, silencieux, restent inactifs et n'acquièrent pas grand-chose. Il importe que le maître se pose, â propos de chaque instant de classe, la question suivante : "Pendant ce temps, que font. les élèves?". Ils écoutent? Bien peu de résultats sont à attendre. Ils parlent? Ils lisent? Ils s'exercent? Ils calculent? Ils écrivent? Leur activité sera variée, mais elle sera aussi interrompue. C'est bien pourquoi. en classe, le maître ne saurait se fier à son improvisation: il doit prévoir ce qu'il fera, ou mieux, ce qu'il fera faire à ses élèves. C'est pourquoi répartitions et emploi du temps peuvent l'aider dans une large mesure dans ces prévisions. Nous parlerons plus loin d'un autre aspect de ces prévisions: la préparation de la classe et des objectifs à atteindre.

Mais sans sortir du sujet qui nous occupe, il serait utile de mettre l'accent sur des qualités morales dont les jeunes etc. les moins jeunes n'ont pas toujours un respect suffisant : la ponctualité, l'exactitude, l'assiduité.

Il nous a été donné plus d'une fois d'arriver dans une école à l'heure de la rentrée des élèves. Plus d'une fois, hélas!), il a été permis de constater que cette heure-là ne semblait pas être celle de l'arrivée du maître.

Mais ce qui nous a le plus surpris peut-être, c'est la désinvolture avec laquelle certains maîtres (heureusement peu nombreux) considéraient ce retard. Rentrer à 8H 10, c'était encore pour eux rentrer à 8H 00. Tout se passait comme si l'on devait commencer la classe vers... 8 heures (plutôt après qu'avant, d'ailleurs) et non à 8 heures précises. Dix minutes, c'est peu! Sans doute. Nous ferons seulement remarquer que dans un CE3, par exemple, avoir dix minutes de retard signifie que l'on en fera pas ce jour-là l'exercice de fixation et de réemploi pourtant indispensable, ou que l'on écourtera de moitié une leçon de lecture. Si l'on tient compte qu'il faut bien cinq minutes pour entrer, se mettre en place, s'installer, c'est la moitié d'une leçon d'expression orale qui saute, et qu'on ne rattrapera jamais. Cette désinvolture apparaissait encore dans les raisons qu'on donnait de son retard : panne (providentielle) de vélomoteur, malaise subite, etc.

Il y a là une façon légère et quelques puérile qui invite non à l'indulgence. mais à la sévérité: non à la confiance mais au doute sur une conscience professionnelle volontiers défaillante.

Ce qui est plus grave encore, c'est que les victimes d'une telle conduite ne sont autres que les enfants. D'abord parce qu'ils perdent un moment d'enseignement ensuite parce qu'ils vont accorder à leur propre ponctualité, peu à peu, la même attention fantaisiste que leur maître accorde à la sienne.

Heureusement que cette conduite est. celle d'un petit nombre d'instituteurs Mais il n'en reste pas moins que le jeune maître qui débute dans le métier -seul, parfois, dans une classe satellite isolée- doit se sentir responsable et. adulte. Il ne s'agit pas d'arriver à l'heure parce que le Directeur petit vous voir ou

parce qu'on peul, être inspecté ce jour-là Il s'agit d'arriver à l'heure parce qu'on a passé une sorte de contrat moral avec la population et, les enfants; parce qu'une conduite relâchée dans cette matière c'est une sorte d'abus de confiance. A un maître qui perdait, son temps en classe, qui profiterait de son isolement pour entrer ou sortir quand cela lui plairait, confieriez-vous volontiers votre fils ou votre fille? Non, bien entendu! Eh bien! évitez d'être ce maître-là.

Personne n'ignore que les conditions sont. souvent difficiles. Mais on s'engage en toute connaissance de cause, et il est toujours malhonnête de trahir ses engagements.

un autre aspect de l'honnêteté professionnelle consiste dans l'assiduité du maître -qui entraîne presque toujours d'ailleurs l'assiduité des élèves. Ce que l'administration appelle "les petits congés" (un jour, deux jours d'absence) est un danger plus grave qu'on ne le croit d'habitude. Les raisons invoquées

souvent ne sont pas recevables. I1 existe des règlements qui régissent les modalités des autorisations d'absence. Ils prévoient des motifs précis :

•maladie dûment constatée.

 

•mariage.

 

•naissance d'un enfant (3 jours)

•décès d'un parent en ligne directe (père, mère).

•convocation à un examen.

Et c'est, tout. Autrement dit, un congé "pour affaires", par exemple, ne doit pas être accordé. I1 existe surtout une attitude d'esprit qui doit, finir par prévaloir. Elle pourrait se définir ainsi :

- Je ne conforme pas mon assiduité dans ma classe à ma vie privée, mais j'organise ma vie privée en tenant compte de mon métier.

Si j'ai un rendez-vous chez un homme d'affaire, je ne dis pas : "Je m'absente de la classe pour aller à ce rendez-vous". mais je dis à l'homme d'affaires de me fixer rendez-vous un jour de congé légal.

Il a été signalé la manière désinvolte avec laquelle certains maîtres croient pouvoir quitter leur classe. Il y a une conduite à tenir, en cas d'arrêt brusque et. justifié de travail. D'abord avertir le Directeur de l'école le plus tôt possible. Celui-ci ne sera pas, alors, pris au dépourvu pour faire assurer la suppléance par un autre maître ou pour répartir les élèves dans les autres classes. Car il faut bien que le maître le sache : aucun règlement. n'autorise un Directeur à renvoyer chez eux des élèves qui sont régulièrement inscrits à l'école dans le cadre d'un horaire déterminé (pensez aux accidents qui pourraient leur arriver).

Ensuite -et s'il le peut, tout de suite- le maître qui s'absente doit établir une demande d'autorisation d'absence. C'est le Délégué qui la lui accordera... ou la lui refusera. Dans ce dernier cas, son traitement est suspendu pour la durée du congé.

Mais 1à encore, la législation est saris pouvoir si le maître ne fait pas preuve de conscience professionnelle et s'il s'absente pour des raisons futiles

De cette assiduité du maître, une des qualités essentielles du bon instituteur passons à l'assiduité des élèves. Une remarque, tout de suite, s'impose, l'assiduité des élèves est un signe de la bonne marche de la classe. Le maître a donc tout intérêt à la contrôler de près et à l'encourager.

Comment la contrôle-t-il? Chaque jour, il fait l'appel de ses élèves. D'ailleurs, dès les premiers jours, il voit, d'un rapide coup d'oeil, qu'il manque tel ou tel élève (certains maîtres établissement un plan de la salle de classe posé sur le bureau). Il n'a pas besoin, pour cela, d'énumérer tous les noms. Il signale les absences sur le registre d'appel de la classe. (Voir ci-dessous le commentaire ayant trait au registre d'appel). Mais noter l'absence d'un élève sur le registre d'appel, ce n'est que porter une trace statistique sur un registre réglementaire. Le maître qui s'intéresse à ses élèves ne saurait s'en contenter. Il doit s'informer des causes de cette absence:

- Pourquoi un tel n'est-il pas en classe? Qui l'a vu avant, de venir ? Savez vous s'il est. malade? etc.

Cela peut d'ailleurs fournir l'occasion dîme conversation d'ordre courant qui contribuera à l'acquisition du langage. Le maître cherchera encore à s'informer avec plus de précision, en prend contact avec les parents. Réglementairement, ce sont les parents qui doivent envoyer un billet d'absence

ou venir informer le maître. Mais beaucoup ne peuvent pas écrire, habilement loin de l'école, sont en train de travailler, etc. Il appartient donc au maître de rechercher ce contact, afin de connaître les vrais motifs d'absence de l'élève. Si l'absence dépasse deux jours, l'instituteur en portera le motif dans la colonne "Observations" du registre d'appel.

Ainsi, par le soin qu'il apportera à contrôler I'assiduité de ses élèves, par l'intérêt qu'il accordera à leur fréquentation le maître contribuera à donner à l'école plus d'importance encore aux yeux des parents et de la population. Qu'il soit persuadé que les hommes. autour (le lui conçoivent l'école, à son

image Ils la verront bonne, pleine de sollicitude et. de dévouement si lui même est bon, animé de cette sollicitude et de ce dévouement. Or, c'est par la régularité du travail, et, en définitive par son assiduité soutenue qu'il commencera à donner cette opinion de lui-même.

 

I- La tenue du registre d'appel :

Sa Finalité : C'est un outil :

•      Administratif à la disposition de la hiérarchie.

• Qui donne d'importants renseignements sur l'assiduité des élèves.

• Qui justifie d'éventuels décalages entre les différentes répartitions dans la réalisation des programmes (absence collective due au mauvais temps : Ecoles rurales, absence prolongée due à une maladie...

Son Support :

•      Cahier grand format fourni au maître, au début de l'année scolaire, par l'administration (un cahier par niveau).

Son Contenu :

•      1ère page : fiche signalétique (Ecole, Secteur scolaire, Niveau. Maître. Année scolaire)

•      Pages suivantes : chaque page est destinée au "pointage" des absences des élèves au jour le jour pour un mois.

On y notera :

•      En haut : le nom du mois. • Horizontalement

-      1ère colonne : le nom des élèves avec leur numéro d'ordre.

-      Colonnes suivantes : pour les quantièmes du mois des jours ouvrables.

-      Dernière colonne : Les observations.

-      En bas de la page : totaux des absences individuelles et total général avec la règle de calcul du pourcentage.

•      A la fin de chaque demi - journée de classe„ le maître marque d'une barre (horizontale pour le matin (-), verticale pour l'après-midi (1) l'absence des élèves.

•      A la fin du mois ces "marquages" sous forme de croise (+) seront totalisés verticalement pour chaque élève, ce qui permet le contrôle de la fréquentation scolaire afin de prendre les sanctions qui s'imposent en référence aux textes officiels.

Remarque :     Le registre d'appel est émargé par le directeur à la fin de chaque mois et conservé aux archives de l'école à la fin de l'année.

Le dernier jour du mois, on établit les totaux des présences possibles, des absences constatées. Ces totaux serviront à remplir le tableau récapitulatif à la dernière page du registre.

Le dernier jour du mois, on préparera la liste (les élèves pour le mois suivant, Enfin, on tiendra à jour la colonne", comme il a été signalé plus haut.

Certaines écoles ont pris l'habitude de confier le registre d'une classe au maître de langue arabe et le registre de l'autre classe au maître de langue française. Je crois qu'il y a là un malentendu: le registre d'appel est inséparable de la classe et non du maître. Il est bon que chaque maître signale les absents sur le même registre au moment où il se trouve avec ses élèves.

En résumé, le registre d'appel est un document officiel, qui permet de compléter, par des indications sur la fréquentation scolaire, ce que nous pourrions appeler "la physionomie de la classe". La liste des élèves est établie chaque mois par ordre alphabétique. Chaque colonne correspond à un jour de classe. L'absence du matin est signalée par un trait horizontal, l'absence de l'après-midi par un trait vertical. De sorte qu'en face du nom d'un élève qui a manqué la classe un jour entier on doit trouver un croix.

Le registre d'appel va servir pendant un an. Il sera bon de le couvrir dès le premier jour de l'année. Comme la plupart des maîtres exercent dans deux classes différentes, beaucoup d'entre eux prennent la précaution de couvrir de papier différent leurs deux registres d'appel. Ils les distinguent ainsi tout, de suite ce qui leur fait gagner quelque précieuses secondes.

Quand faut-il faire l'appel ? de préférence après une ou deux leçons, pour éviter de devoir raturer à l'arrivée d'un retardataire. Mais il faut faire l'appel et signaler les absents chaque demi-journée. Remettre la mise à jour du registre à plus tard, c'est s'exposer à des erreurs.